Célèbre avant de naître, Lulu Gainsbourg réserve ses apparitions comme on hésite à déclarer sa flamme. Il se lance aujourd’hui sur les traces de son père.
Ici Lulu Gainsbourg dans un interview pour Blast, en juin 2009.
Comment s’est passée ton année à Berklee (école de musique à Boston, ndlr) ? C’était un peu le brouhaha dans ma tête, je me suis mis à composer, j’ai dix petites compos que j’ai faites et que j’ai envoyées à la SACEM. Pour l’instant, ce sont des idées au piano, il y en a d’autres un peu plus construites. J’ai fait une valse qui est assez marrante à trois temps. Après, c’est à retravailler et à arranger, on peut toujours faire mieux, c’est qu’un début. Mais c’est vrai qu’il y en a certaines que je vois plus pour des chansons, d’autres pour des musiques de film… Bon, on fait vite le tour car il n’y en a que dix.
Tu n’as pas envie de chanter ? Pour l’instant non, je ne suis pas sur les paroles, je ne m’en occupe pas. Je suis plus concentré sur la musique mais ça peut changer, peut-être que dans dix ans ce sera le contraire. Pour l’instant, c’est plus la musique qui m’intéresse. Peu importe que ce soit pour des chansons, des films, des pubs. Je pense que c’est ce que je veux faire, mais on ne peut pas savoir ce qui va se passer l’année prochaine.
Tu continues les études, l’année prochaine ? Là oui, j’ai mon prochain semestre qui commence en septembre. J’ai déjà mon emploi du temps : pas cours le lundi, pas cours le vendredi. Long week-end pour aller à New York ou pour bosser. C’est assez original : je suis dans une école de musique et ça reste plutôt ouvert. J’ai pris des cours de japonais car ça m’intéresse énormément. J’ai aussi des cours de yoga, ainsi que des cours de guitare, de chant. Je suis assez content parce que ça m’avait manqué un peu, le chant au niveau opéra. J’avais l’habitude de chanter quand j’étais au lycée.
On présente ici la sortie du film qui a été réalisé sur la vie de ton père. Ça te fait quoi qu’il y ait un film aujourd’hui, en 2009, qui va voir le jour ? Étais-tu au courant du cheminement de ce film ? Oui, absolument. Le réalisateur, Joan Sfarr nous a contactés, ma mère et moi. Il a pu dîner avec ma mère, moi je n’ai pas eu l’occasion de le rencontrer ; on s’est contactés par mail…
As-tu vu des images ? Mylène vient de me montrer une image. Une photo de ma mère et mon père, soi-disant. Ça a l’air vraiment pas mal.
Eric Elmosnino semble bien incarner le rôle en tout cas… Il paraît qu’il a énormément travaillé pour ce rôle. J’ai entendu dire que c’était le premier film co-produit par des Américains. C’est pas mal en fait… On verra bien si ça vaut le coup. J’espère.
Le film retrace toute sa vie, du début à la fin ? Je sais qu’on a le scénario quelque part mais je ne l’ai pas lu. La lecture n’est pas mon fort…En fait, je sais où ça se termine mais je ne sais pas trop où ça commence. Ça se termine sur moi, quand je suis bébé. Je fais une petite apparition… On va bien voir. J’apparais vraiment tout petit.
Tu vas partir au Japon ? Oui, je pars ce soir pour un mois avec ma mère, on va faire le tour du Japon. Je pense que ça va être l’un des plus beaux voyages que j’ai faits jusqu’à présent. On a prévu de passer deux-trois jours à Kyoto dans des guest houses, puis on part à Osaka pendant quelques jours et ensuite on se fait une semaine à Okinawa. On va faire de la plongée, ça va être la première fois que je vois l’océan Pacifique. Et on finit le voyage par une semaine à Tokyo.
Tu vas pouvoir pratiquer le japonais… Alors je parle pas trop, là en ce moment, mais c’est vrai que je baigne dans les mangas depuis que je suis petit… J’avais commencé les cours de japonais à Berklee. La langue m’intéresse beaucoup, même la culture… Il y a beaucoup de choses qui m’intéressent dans ce pays, c’est pas impossible que j’aille vivre là-bas… On va voir comment ça se passe.
Qu’est-ce qui t’attire particulièrement dans la culture japonaise ? Est-ce la modernité des villes comme Tokyo ? Je ne suis jamais allé à Tokyo mais c’est vrai qu’on m’a dit que c’était un autre monde… La technologie aussi, c’est carrément différent d’ici ou des États-Unis. Ce sont les maîtres de l’univers, du jeu vidéo, donc ça aussi, ça m’intéresse… Pourquoi pas travailler dans les maisons de jeux plus tard ?
Lors d’une précédente interview, tu m’avais parlé de Natalie Portman, que tu avais envie de la rencontrer. Tu avais peut-être des projets pour elle… Et depuis ? Je parlais d’elle par admiration. Un mois après la sortie du magazine Intersection, je ne m’y attendais pas du tout mais quelqu’un m’a contacté, une amie de Natalie Portman. Au début, je me suis dit que c’était une blague, et puis il s’est trouvé que ça avait l’air plutôt sérieux. On a parlé de Natalie, d’une rencontre, de projets… En ce moment je crois savoir qu’elle est en tournage et c’est assez compliqué car elle a plein de projets. Je lui ai composé une musique qu’elle m’a inspirée, c’est plus un cadeau… Je sais qu’elle s’est mise récemment à la direction, en tant que metteur en scène. Pourquoi pas aussi lui faire des musiques pour ses prochains films ? J’en discuterais avec elle si je la rencontre.
Et Bambou, que fait-elle en ce moment ? Elle s’est remise au sport parce qu’elle a eu quelques problèmes de santé pendant une assez longue période. J’étais un peu inquiet parce que c’est la personne avec qui je m’entends le mieux. C’est ma meilleure amie, c’est une relation très importante. Là, on est content de partir tous les deux, on va se retrouver. Après le Japon, on va une semaine à Boston pour faire un concert en hommage à mon père avec les musiciens qui ont joué sur la tournée du Zénith et du dernier album qu’elle avait fait avec mon père. Elle va chanter trois chansons, dont le fameux duo qu’on a chanté il y a huit ans (“Ne dis rien”, ndlr). Ça va se passer dans une sorte de café-club tenu par un Français. Par la même occasion, je vais proposer quelques compositions que j’ai faites. C’est l’occasion de lancer la machine.
Du coup, vous allez enregistrer ça ? Ce serait peut-être bien d’en garder la trace… Ce serait pas mal, maintenant ça va être un peu dur de mon côté : je vais devoir chanter des chansons de mon père. Ce n’est pas au niveau du texte que ça me fait peur, mais au niveau de l’interprétation. Maintenant, je ne suis pas mon père donc j’ai mon interprétation à moi. C’est un peu difficile parce qu’avant je voulais faire tout sauf de la musique parce que je me sentais bloqué, et puis quelques années plus tard, je commence à chanter les vieilles chansons du chef… J’espère qu’il sera là pour m’aider. À mon avis, je suis sûr qu’il sera là, qu’il sera dans les parages.
Quel sera le choix des chansons ? On a fait une playlist. Il y a beaucoup de chansons de l’album du Zénith, “Mon Légionnaire”, “Aux Enfants de la chance”, et aussi des vieilles chansons comme “La Javanaise”, “La chanson de Prévert” – qui est de loin une de mes favorites, “La balade de Melody Nelson”, et puis quelques chansons de ma mère comme “Ne dis rien”, le duo et quelques compos. On a prévu une vingtaine de musiques.
Pour la dernière fête des Mères, tu lui as trouvé un cadeau ? Oui, sur Internet. C’est le CD “made in china” que mon père a fait pour ma mère, un CD très rare, ça fait des années qu’elle le cherchait, c’est un collector !
Voir la vidéo avec Mylène Jampanoï :
http://www.blast.fr/video/mylene-lulu/
Voir le making-of avec Mylène Jampanoï :
http://www.blast.fr/video/mylene-lulu-2/
Sources http://www.blast.fr Auteur: Philippe Combres Photo: Romina Shama
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